YANN ARMELLINO & EL BUTCHO

Rencontre avec Yann Armellino et El Butcho

 

1 / Yann et El Butcho, quels regards portez vous sur vos carrières respectives ?

YA : Difficile de parler de « carrière » dans notre métier car en général, nous n’avons pas une vision à long terme de ce que nous entreprenons. Par exemple, je suis incapable de te dire ce que je ferai et dans quelles conditions dans deux ans…Maintenant, si je regarde dans le rétro, je me rends compte que j’ai eu la chance de sortir mon premier album fin 1999, à l’époque ou les disques se vendaient encore, les disquaires n’avaient pas encore tous disparus. Je me souviens qu’à Paris, le Virgin Store des Champs Elysées avait un rayon rock – metal très fourni, avec de nombreux points écoute, des vendeurs passionnés, des imports à gogo, idem pour la Fnac Montparnasse, Gibert (qui résiste encore aujourd’hui !!)…mais je m’égare un peu. Ensuite, j’ai enchainé les albums instrumentaux jusqu’en 2008 ou j’ai enregistré l’album « Gimme The Sound » avec mon ami chanteur Chris Caron qui vit à Boston pour reprendre à nouveau la route instrumentale avant de collaborer avec Butcho pour notre premier opus « Better Way » sorti en 2016. La pédagogie et la transmission a une place importante dans mon parcours car en parallèle de mes albums, j’ai collaboré quelques années avec le mensuel Guitar Part, ai sorti 5 DVD (Je Suis Guitariste – Sony Music) et 3 méthodes. Comme bon nombre de mes camarades guitaristes, le fait de transmettre et de partager sa passion à travers les ouvrages pédagogiques et autres démos et master class me permet de garder le contact avec la future relève, de ne pas rester enfermer dans ma bulle. Un autre facteur important est la fidélité réciproque que j’entretien avec  mes partenaires pros (les endorsement) avec Ibanez pour les guitares, DV Mark pour les amplis, Zoom, Ik Multimédia pour les effets et dernièrement Elixir pour les cordes. Je tiens à les remercier pour leur soutien depuis de nombreuses années. Il y a également mon éditeur, Jean Davoust, avec qui je collabore depuis 2004 et qui répond toujours présent pour accompagner mes nouveaux projets.

Butcho : Période Watcha c’était du travail et du fun et bien sur le partage avec le public qui a répondu de suite présent. Puis après l’arrêt du groupe j’ai commencé des projets dans mon style de prédilection «  le hard rock 80 »  avec  Hellectrokuters et Yann Armellino.

 

2 / Avec quels artistes aimeriez vous partager un titre ou la scène ?

YA : Ah…Si un jour je pouvais partager un titre avec Ace Frehley, la boucle serait bouclée car c’est grâce à lui que j’ai eu le déclic. Et allez soyons fou, avec Paul Stanley au chant !! Sinon, il y a de nombreux guitaristes avec lesquels j’aimerai partager un moment, je pense à Vivian Campbell, Blues Saraceno, Richie Sambora, Van Halen, Satriani, Jeff Beck, Luke Morley…la liste est longue. Du côté des chanteurs, en plus de Butcho et Chris Caron, j’aurai aimé collaborer avec Ronnie Atkins (Pretty Maids) ou Michael Monroe (Hanoi Rocks) qui me touchent. Je pense aussi à John Corabi (Dead Daisies), Eric Martin (Mr Big) ou encore Torstein Flakne (Stage Dolls) et Jesper Binzer (DAD)…

Butcho : avec George Lynch, Glenn Hugues et Stevie Wonder.

 

3 / Ce nouvel opus reste dans la lignée des productions US typées 80’s, est-ce une inspiration volontaires, assumées ?

YA : Ce n’est pas forcément volontaire mais on assume. Quand on commence à travailler sur de nouveaux titres, on ne se dit pas qu’il faut que ça sonne d’une façon ou d’une autre. Je nous vois plus dans ce qu’on appelle aujourd’hui le  « classic rock » donc assez intemporel finalement. Maintenant, c’est vrai que j’ai beaucoup écouté des groupes et artistes des années 80 / 90 et ça doit se ressentir dans les compositions.

Butcho : On a juste fait des morceaux qui nous plaisent sans se poser des questions. Nos influences étant le hard rock et bien c’est tout naturellement que nous sonnons ainsi.

 

4 / Comme dans mon cas, est ce les sonorités de votre adolescences puis de vos 17 ans ?

YA : Oui, quand j’étais ado, j’écoutais Kiss, Aerosmith, Bon Jovi, Poison, Cinderella, Ratt, Motley Crue, Cheap Trick, DAD, Van Halen, Skid Row, Extreme, Mr Big et beaucoup d’autres, il y avait une production très riche, de nouveaux groupes qui arrivaient sans cesse et qui faisaient la part belle aux guitares…

Butcho : A part Kiss DAD je rejoins Yann en rajoutant : Dokken Lynch Mob Loudness, Badlands…

 

5 / Votre précédent album date de trois ans, qu’avez-vous fait entre-temps ?

YA : Better Way est sorti il y a en fait deux ans, en octobre 2016. Entre temps, nous avons essayé de jouer le plus possible que ce soit en concert ou show case acoustiques et nous nous sommes attelé à travailler sur le nouvel album. Ces deux années sont passées très vite.

Butcho : J’ai d’autres groupes et je n’ai pas vu le temps passer.

 

6 / Composez vous ensemble, est-ce un travail réalisé par Yann puis des arrangements en commun ?

YA : Généralement, je soumets des « démos » déjà bien abouties à Butcho, s’il a le déclic, on garde la quasi-totalité de la construction des démos. Quand l’inspiration ne vient pas, on retravaille ensemble les idées pour arriver à un résultat qui nous satisfait. Ça a été le cas notamment sur « Love Ain’t Easy To Tame », « I Don’t Give It Up » et « Let’s Start Again », ça “match” bien entre nous, pas de problème d’ego, il y a eu plus d’échange sur « 17 » que sur le précédent album. Comme sur « Better Way », Butcho souhaitait refaire une reprise de Stevie Wonder (que j’aime beaucoup également). Il m’a soumis l’idée de s’attaquer au titre « Don’t You Worry Bout The Thing »…c’est le titre qui m’a donné le plus de fil à retordre mais à l’arrivée, ça en valait la peine et depuis mon 1er album, j’ai pris l’habitude de faire un clin d’œil au répertoire de la Motown. Je vous invite à écouter la version originale, qui navigue entre Soul et Salsa dans l’album « Innervision » qui date de 1973, sans guitare.

Butcho : je n’ai pas grand chose à rajouter tout est dit 😉

 

7 / L’enregistrement a-t-il été réalisé de manière traditionnel, ou par échanges de pistes ?

YA : J’ai enregistré les guitares et les basses dans mon studio et Butcho s’est occupé des voix dans un autre studio. La batterie a été enregistrée dans le studio d’Erick Benzi qui a réalisé l’album. Donc on peut considérer que l’enregistrement s’est fait avec échanges de pistes, comme de nombreux albums aujourd’hui.

Butcho : j’ai mon petit home studio et j’aime enregistrer seul mais je suis méga sévère avec moi 😉

 

8 / Le travail de production est l’œuvre de quel acteur ?

YA : C’est de nouveau Erick Benzi qui a réalisé l’album. Erick, ancien membre du groupe Canada, est connu et reconnu grâce à ses réalisations pour JJ Goldman, Gildas Arzel, Johnny Hallyday, Anggun, Céline Dion et beaucoup d’autres…Travailler avec lui est une vraie récompense.

 

9 / Avez-vous des projets de scène, quelles sont prochaines dates en perspectives ?

YA : Comme l’album vient de paraitre, les prochaines dates sont en discussions, on devrait avoir du neuf rapidement.

 

10 / Quels sont les arguments « commerciaux » que vous pourriez utiliser pour inviter les lecteurs à découvrir votre musique ?

YA : Question piège car c’est un exercice difficile de savoir se vendre…il y en a qui sont très doué pour ça mais je ne me vois pas clamer : « Achetez notre album car il est super »…J’espère qu’en lisant des chroniques et en découvrant le teaser audio et la lyrics vidéo, cela donnera envie aux lecteurs de se pencher un peu plus sur le reste.

Butcho : Soutenez votre scène locale déplacez-vous en concert venez en masse et achetez nos cds