SILENCE OF THE ABYSS

Jean Bernard (chant) nous en dit un peu plus sur le groupe et « Unease & Unfairness » :

01 / Peux tu nous le trio et ses membres ? Quels sont vos formations et parcours
respectifs ?

Jean-Bernard : Silence of The abyss se compose de David Santucci à la guitare, Diane Giannelli à la batterie, et moi-même, Jean-Bernard Flores au chant. Nous faisons tous de la musique depuis plus de 20 ans. David a fait une école privée, Diane le conservatoire. On avait des groupes différents et on s’est rencontrés dans un studio en 2005-2006. Depuis on n’a pas arrêté d’avoir des projets musicaux ensemble.

02 / Quelles sont vos influences ?

Le métal bien entendu mais aussi le blues, les sonorités espagnoles, le flamenco la polyphonie corse et le rap.

03 / Après un EP relativement bien perçu, quels sont les retours formulés pour cet album ?

Les retours sont vraiment très bons et on est agréablement surpris.

04 / Comment composez vous ? Est ce un travail solitaire, un exercice commun ?

Sur cet album, David est arrivé avec des morceaux de guitares. Diane a ensuite posé la batterie parfois aussi des mélodies à la voix et moi je suis arrivé à la bourre dans ce projet (comme d’habitude) et j’ai calé des mélodies et pondu « see arcturus » une nuit d’été. De manière générale on sait ce qu’on a à faire, on se connaît bien. Donc moi j’attends le riff de David qui donne le ton, ensuite je trouve une mélodie et Diane pendant ce temps pose une batterie de malade que je dois essayer de suivre ensuite ! Après on écoute et on discute on réécoute puis on rediscute jusqu’à ce qu’on soit à peu près satisfait et enfin on boit un coup pour fêter ça !

05 / Comment a-t-il été enregistré, qui a été en charge de la production ?

Il a été enregistré chez Diane et David en auto-production avec l’aide de la collectivité de Corse

06 / Quel est le fil conducteur de cet ouvrage ? Peux tu en dire plus sur le choix de ce concept, sur le contenu des textes ?

Le fil conducteur c’est la critique de l’humanité et plus précisément de sa folie. Je me demande si Silence n’est pas un groupe un peu misanthrope sur les bords… Les textes ont été écrit par Diane et moi. Comme je le disais juste avant je suis arrivé un peu en retard dans ce projet. Mais quand j’ai écouté les morceaux ils m’ont inspiré des textes assez sombres même s’il y a toujours une note d’espoir.

Dans Amok par exemple qui fait référence à une nouvelle de Stefan Zweig. J’évoque l’amok qui est une sorte de folie
meurtrière soudaine qui atteint un individu. Ici elle touche un homme d’aujourd’hui acculé par la pression incessante exercée par son travail. On vit dans une société complètement folle où le travail est devenu une valeur absolue, dévalorisant ainsi toute activité qui ne produit rien comme la réflexion bien sûr…

Dans God is dead, « dieu est mort » titre emprunté à Nietzsche, je propose une réflexion sur la croyance sur sa nécessité mais aussi sur ses travers. Comme le disait Dostoiveski « si dieu est mort tout est permis. » C’est un peu ça l’idée de cette chanson.

My fair Fury c’est le taureau qui gagne son combat contre le toréador et au fond contre la corrida de manière générale.
Bref dans toutes ces chansons on retrouve un peu la folie humaine et ses contradictions.

07 / Vous venez déposer dans les structures musicales des éléments liés à vos racines. Est ce une démarche éphémère ou une détermination identitaire ?

Votre formule est intéressante, en effet nos racines sont méditerranéennes donc notre musique pousse dans cet environnement. C’est un peu comme quand vous produisez du vin au Chili, il a un petit goût spécifique propre à sa géographie. Notre métal a un petit goût de Méditerranée parce que nos oreilles sont influencées par le chant corse, les guitares sèches, les rythmes andalous et le maquis. Donc effectivement ce n’est pas une démarche éphémère c’est une influence complètement assumée.

08 / Doit on s’attendre à une exploration plus profonde à l’avenir ? Une évolution vers le chant traditionnel polyphonique est-il envisagé ?

Une exploration plus profonde oui, une évolution vers le chant polyphonique non. Ce qui nous attire dans les sonorités méditerranéennes c’est la chaleur qui en émane. Concernant la voix, j’aimerais aller encore plus loin dans la sonorité méditerranéenne mais à condition qu’elle soit en osmose avec la musique. Toute la difficulté se trouve dans le fait de trouver cette osmose. C’est en ce sens que j’ai envie d’aller plus loin dans
 » l’exploration ».

09 / Le partage des lignes vocales fait pour vous trois n’en est-il pas déjà une approche ?

Vous avez raison, mais les harmonies ne sont pas toujours méditerranéennes dans l’album. Personnellement ce que je recherche c’est moins l’harmonie méditerranéenne des voix que l’harmonie méditerranéenne des voix avec les guitares. Je ne veux pas additionner ou superposer la polyphonie avec la guitare mais plutôt harmoniser de
manière méditerranéenne les voix et les guitares.

10 / Peux tu nous parler de la pochette de l’album ? Qui en est l’auteur ? Comment avez vous mis en oeuvre ce visuel ?

La pochette a été réalisée par Kahinienn Graphix (Eric Hyrcza). On avait repéré son travail qu’on aimait beaucoup et on lui a sélectionné deux visuels dont l’un était déjà vendu. Il nous a donc totalement composé la front cover, d’après les thèmes abordés dans l’album.

11 / Quels sont vos prévisions en terme de promo ou de scènes à l’issue de cette période particulière ?

La promo, eh bien on continue de la faire bien sûr, avec Roger Replica Promotion et Alexandre M&O Office, et puis on prépare une petite tournée pour l’hiver prochain dans le Sud de la France et puis quelque dates sur Paris si tout va bien.