METALDAYS – Boban (Directeur du festival)

Interview réalisée le 13 avril, par Sébastien Normand.                                                                                               http://www.metaldays.net/

La saison d’été à venir, comme à son habitude, sera propice aux festivals dans toute l’Europe. Pour ceux qui n’ont pas encore fait leur choix, nous vous proposons de découvrir le MetalDays. Un festival Slovène, niché dans une verdoyante forêt alliant concerts et animations de vacances.
Il n’y a pas que le Hellfest dans la vie !! Boban, directeur de ce projet de bon augure, nous raconte son histoire et celle de son festival. Homme de projet, nous allons découvrir qu’il a plus d’un tour dans son sac :

Bonjour Boban, pourrais-tu nous présenter ton festival, le MetalDays ?

L’aventure MetalDays remonte à 2004. A l’époque, le festival s’appelait le MetalCamp. Il était le résultat de la rencontre entre trois slovènes et un autrichien réunit par la même envie, monter un festival de toutes pièces en partant de rien. Ou quasi rien. Cela paraît bien loin maintenant. En 2013, nous avons
renommé le festival après avoir changé notre statut. Depuis toujours, notre vocation est de proposer d’autres activités autour des concerts. Nous sommes fiers maintenant de pouvoir dire que nous avons monté le premier camp de vacances pour metalleux.

Peux-tu nous parler de la particularité géographique de votre site ?

Notre festival se situe dans la montagne slovène à côté de la ville de Tolmin. Nos festivaliers se retrouvent dans un cadre naturel unique entre la forêt et la rivière. Cette particularité permet de proposer
des activités qui vont de la baignade au volley-ball. Nous mettons aussi à disposition des bouées et des canots gonflables. Notre grande scène ne s’agite pour les concerts qu’à partir de 16 heures, ça laisse du
temps pour le farniente.

T’est-il arrivé de déplorer des rixes ou des dégradations ?

Par chance, jamais. Rien de grave de cet ordre n’est jamais remonté jusqu’à moi. Nos festivaliers sont parmi les plus courtois du monde. La seule dégradation que nous avons eu à déplorer l’année dernière
avait été causée par les intempéries.

Quelles sont les nouveautés 2018 proposés par le MetalDays ?

Il faut savoir que nous mettons un point d’honneur à rester un festival de taille humaine. Nous ne pouvons d’ailleurs pas nous agrandir, la géographie de notre lieu nous en empêche. Nous ne disposons
que de 12000 tickets, pas un de plus. Voilà ce qui ne change pas. Au niveau des concerts sur nos deux petites scènes, ils débuteront désormais à 14 heures. Nous attendons 134 groupes contre un peu plus
de 110 l’année dernière. Mais le véritable évènement, c’est la venue des légendaires Judas Priest.

Sais-tu ce qui est proposé aux festivaliers français pour se rendre au MetalDays ?

La compagnie de transport française, partenaire du festival s’appelle Ontours. Elle propose des trajets en bus jusque notre site à Tolmin. Sinon, des navettes sont disponibles à chacun des aéroports qui
entourent le festival, Marco Polo et Trieste en Italie et Joźe Pučnik à Ljubljana. Il suffit de réserver la navette à l’avance à l’aller comme au retour, c’est très simple.

Vous partagez le site des MetalDays avec d’autres festivals. Peux-tu nous expliquer comment vous fonctionnez ?

En effet, la saison commence en juillet avec Overjam, un festival de reggae. Nous faisons un break entre chaque festival pour nettoyer le site. Ensuite, il y a le MetalDays puis le Punk-Rock Holiday et le
Motorcity dont la programmation est orientée blues-rock. Chaque festival possède ses spécificités, son style et ses festivaliers. Ils différent aussi par leur affluence. Le plus gros étant le MetalDays puis ensuite Overjam. Motorcity le petit dernier a été créé l’année dernière. L’idée derrière la mutualisation du site est non seulement de réduire les coûts mais de faire profiter de notre savoir-faire en organisation de spectacles et d’animations. L’édition 2017 du Metaldays a affiché complet. Les organisateurs du festival Overjam nous ont contactés en 2016 pour que nous collaborions avec eux. Notre partenariat fût un vrai succés puisque nous avons vendus en 2017, 1000 billets de plus qu’en 2016. Nous sommes confiants sur la progression de la vente de billets, le bouche à oreille fonctionne très bien entre festivaliers. Quant au Motorcity, c’est un peu différent puisque j’en suis également à l’origine. Je suis un fan de metal mais le blues-rock fait aussi parti de mes fondations, je le considère comme les racines de nos musiques. Ce genre de festival n’existait pas en Slovénie, ni à ma connaissance dans les pays limitrophes. Cette année, l’expérience se déroulera sur trois jours de festival dont deux de musique. En effet, nous recevons une convention de motos et de voitures rétros. J’ai hâte.

Que faisais-tu avant de te lancer dans la programmation et l’organisation de festivals ?

La musique a toujours été ma passion. Je possédais mon label et mon studio d’enregistrement. J’ai produit entre autre Deathspell Omega et Belphegor.

 

Quel était le nom de ton label ? Pourquoi avoir mis fin à tes activités dans la production ?

Mon label s’appelait Gold Chamber. Il faut savoir que je suis passionné par les challenges, je ne tiens pas en place. Je n’ai pas mis fin à mes activités, un projet en amenant un autre, j’ai été aspiré par ma
passion. Les choses s’imposent d’elles-mêmes, je n’avais plus assez de temps pour mener de front toutes mes activités. Quand le projet du MetalCamp s’est présenté, je me suis jeté corps et âme dans ce
nouveau challenge.

Quel est le groupe qui n’est jamais venu au MetalDays et que tu aimerais voir s’y produire ?

J’ai essayé plusieurs fois d’avoir Gojira sans succès. Je les suis depuis très longtemps et j’en suis grand fan. Nous n’avons jusqu’à présent jamais réussis à caler nos calendriers mais je suis confiant pour
l’avenir, ça se fera un jour. J’adorerai signer Tool en grosse tête d’affiche, ça me tient à cœur, ce groupe est énorme.

Tu nous as parlé des festivals que tu organises à Tolmin, peux-tu nous dire quelques mots concernant le WinterDays ?

C’est un tout jeune festival, nous organisons actuellement sa troisième édition, aucun groupe de l’affiche 2019 n’est actuellement annoncé. Nous ne sommes encore sûrs de rien concernant les dates. Il
est très difficile de faire tourner des groupes en cette période de l’année en Europe. Généralement, ils restent au chaud chez eux durant cette période. L’édition de janvier dernier a été un franc succès, nous
avons réussis à rassembler des groupes aussi différents qu’Asphyx et les Dropkick Murphys. Le WinterDays Of Metal se déroule dans la ville de Bohinj, toujours en Slovénie. C’est un festival indoor,
nous utilisons un complexe sportif concernant la partie concerts de notre évènement. Puisque bien entendu, nous avons une fois encore développé le thème des vacances pour metalleux qui nous est
cher. Ainsi, les festivaliers se voient proposer des activités à l’aquapark ou simplement un accès aux pistes de ski de la vallée. Nous proposons différentes offres comprenant le trajet et le logement. Nos
billets les moins chers avoisinent les 100€, un budget que je trouve abordable pour des vacances.

Aurais-tu encore un autre festival en préparation ?

(Rires). On en revient à ce que je te disais tout à l’heure, je n’arrive plus à dégager assez de temps pour d’autres activités. Celles-ci occupant déjà tout mon temps sur l’année. C’est un métier/passion et je me
rends compte de la chance qui est la mienne. Mais qui sait, je ne suis jamais à l’abri d’un nouveau challenge !!!