MAGOYOND

Mago nous dévoile quelques infos sur Kryptshow :

01 / Peux tu nous parler du concept de l’album et de ses deux
volumes ?

Mago : Kryptshow est un concept-album “cinématographique” : chaquechanson raconte une histoire, présente un personnage ou un lieu venant étoffer un univers en constante expansion. Les morceaux possèdent chacun leur ambiance et leur style musical (rock, metal, symphonique…), permettant une immersion plus importante dans l’univers du groupe.
Le premier CD, « Kryptshow » donc, est le disque principal. L’histoire
nous plonge 7 ans après la fin du monde (après le premier album Pandemia). Les chansons nous emmènent dans des lieux étranges,
nous font découvrir des personnages et des situations assez macabres
et improbables.
« Les Chroniques de la Crypte » le second CD – est un disque avec des
chansons plus légères, des bonus et des instrumentaux. Ce double
album est donc une sorte de plongée dans notre monde apocalyptique,
montrant à la fois les bons et les mauvais cotés de la fin du monde, les
sujets graves et les trucs plus décalés.
Il n’y a pas besoin d’écouter notre premier opus pour apprécier ce
disque, car même si les chansons peuvent être liées entre-elles par des
thématiques, chaque morceau peut se suffire à lui même.

02 / Les compositions utilisées proviennent parfois d’éditions
précédentes, quel était le but de ces rééditions ?

Mago : Tu fais sans doute allusion à nos deux précédents EP. Après
notre premier disque, nous avons lentement mais surement opéré une
transition plus heavy, plus sombre sur nos compositions. Nous étions
déjà entrain de composer KRYPTSHOW sans le savoir. Nous ne
voulions pas rééditer nos EP et nous voulions surtout faire un nouvel
opus très complet, avec beaucoup de bonus que les gens réclamaient
en version CD. Ce ne sont donc pas des rééditions, on a juste rendu
cohérentes les sorties passées, en les rattachant à quelque chose de
plus concret.

03 / Aviez vous du matériel disponible, qui sera utilisé plus tard, ne
s’adaptant pas à ce concept ? Etiez vous en manque d’inspirations
?

Mago : En terme de matos on a ce qu’il faut. J’écris souvent, on a des
dossiers remplis de riffs, mais il faut que l’alchimie se crée entre
l’histoire que l’on veut raconter, l’ambiance, le style et les paroles.
Kryptshow devait initialement être un disque de 10 nouvelles chansons.
On a vu les choses en grand quand nous avons fait un financement
participatif : le score a explosé, on a eu de quoi faire un double album et
nous avons inclus les chansons qui nous semblaient les plus
pertinentes à l’heure actuelle. Aux vues des sujets traités par le groupe
et notre profond attachement à la pop culture, l’inspiration n’est pas un
problème. Il y a même trop de choses !

04 / Vous en profitez pour rééditer votre premier album
« PANDEMIA » paru en 2012, ne crains tu pas de saturer le public
avec autant d’ouvrage dans un temps très court ?

Mago : Kryptshow est sorti en Avril 2019 et est déjà en rupture de
stock… ce qui a valu à Pandemia d’être également à sec après 2
repressages, bien que nous ne communiquions pas vraiment dessus.
Le travail graphique réalisé sur Kryptshow nous plaisait tellement que
nous voulions rattacher notre premier album à sa « suite ». On a donc
bossé sur une version légèrement remasterisée de Pandemia, avec un
nouveau packaging bien plus travaillé dans l’esprit de collection,
comme une série de bouquins. 6 mois, c’est peut-être peu, mais c’était
nécessaire. Par contre, Kryptshow reste l’album que nous mettons en
avant.

05 / Ces chroniques sont elles le fruit d’un seul cerveau ou d’un
travail collectif ?

Mago : Généralement, j’écris seul. On corrige des choses lors des
enregistrements mais je prends la responsabilité des paroles ! Pour la
musique, on compose obligatoirement en groupe car c’est là que
l’alchimie se crée : on joue avec les ambiances, les riffs, les styles
musicaux… le tout par rapport aux paroles où à un concept bien précis
(film noir, ambiance zombie, cabaret…). Les références
cinématographiques et musicales d’Aspic (musicien classique), Vito
(Guitariste) et Nobru (Batterie), ainsi que les miennes, se heurtent alors
pour créer sous ces contraintes. On a des histoires à raconter, la musique porte le texte, et tout le monde doit être convaincu.

06 / Son cheminement a-t-il été simple, la douleur est elle venue
frappée à votre porte ?

Mago : Évidement, certaines chansons ont posé plus de problèmes que
d’autres car nous n’étions pas satisfaits du rendu, de l’histoire, de la
manière de chanter ou de la construction de la musique. C’est un
problème assez classique que tous les musiciens rencontrent quand ils
composent. Comme notre démarche va plus loin que de faire « juste »
de la musique, il faut aussi que des images viennent mentalement
accompagner nos morceaux tout en respectant les codes des styles
musicaux que l’on emprunte. Si on est à coté de la plaque, ça ne
marche pas. Et si l’histoire ne se tient pas, le morceau n’est pas abouti.

07 / Son contenu est-il interprétable sur scène de manière isolé ?

Mago : Nos chansons étant construites comme des nouvelles, on a
aucun scrupule à enchainer nos morceaux les plus creepy à nos
chansons les plus délirantes. Ça accentue la dimension « folle » du
groupe. Si le début des concerts est très porté sur l’ambiance pesante,
le final est plutôt explosif. On fait ce qu’on veut et on joue avec notre
univers. Le public est guidé d’histoires en histoire par un Monsieur
Loyal qui n’hésite pas à raconter des conneries, non sans rappeler les
fameux Contes de la Crypte… Après, on a toujours l’air d’OVNI sur
scène, en comparaison avec la scène rock/metal actuelle. Mais que l’on
joue en festival, en première partie d’un groupe ou en tête d’affiche,
l’important est que le public comprenne qu’on a de la purée (de zombie)
à envoyer et qu’on est là pour passer un bon moment.

08 / Doit on s’attendre à une mise en scène particulière en
adéquation avec l’histoire ?

Mago : Par le passé, nous avons fait appel à des comédiens et
cosplayers lors de certains concerts. Je faisais aussi des grandes
illusions et il y avait un aspect plus « spectacle » que musical.
Aujourd’hui, nous sommes toujours costumés et maquillés, mais nous
nous sommes recentrés sur la musique, car l’infrastructure était trop
importante pour un jeune groupe comme nous, et ça nous a bloqué des
dates. Ce qui est certain, c’est que nous allons y revenir, le show est un
élément très important pour MAGOYOND.

09 / Le public sera-t-il des cobayes mettant leur vie en danger
durant ces prestations ?

Mago : Évidement. Cobaye, zombie, monstre… le public a toujours été
notre allier. La chanson « L’Armée Damnée » est d’ailleurs une
métaphore de notre public sans cesse grandissant, comme une horde
de zombies. Certains viennent costumés, avec des pancartes prônant
l’adoption de zombies, d’autres se disent contaminés par le groupe : le
public est aussi un des personnages de nos histoires.

10 / Votre merchandasing fera-t-il la promotion de vos potions,
ustensiles incisifs, de vos recettes… ?

Mago : C’est déjà le cas mais nous savons que nous pouvons aller
beaucoup plus loin. Le T-Shirt « Adopte un Zombie » est notre best
seller depuis plus de 6 ans. Nobru et moi designons tous les goodies du
groupe, et nous avons beaucoup d’idées. On se restreint un peu car
sinon il y en aurait partout, et l’asso qui gère le merch (La Société
Protectrice des Zombies) ferait la gueule !

11 / Le groupe ne craint il pas de devenir l’ennemi pulibc #1 par la
dispersion de ces traitements malsains et réducteurs ?

Mago : Il n’y a pas de mauvaise pub. Le monde se zombifie petit à petit,
ça serait presque un honneur d’en être le détonateur français, dans la
lignée d’Alice Cooper, Avatar ou Lordi à leur manière.

12 / Quels sont projets à venir ?

Mago : Plus de concerts, plus de festivals, et probablement une suite à
Kryptshow. Nous avons envie de faire de nouveaux clips et d’étoffer le
show. Nous jouerons le 19 octobre au Réacteur (Issy les Moulineaux),
puis à Nantes le 17 novembre lors de la convention Art To Play.
D’autres dates viendront en France, encore en discussion.

13 / Mr LOYAL peut il apporter une conclusion convaincante
permettant à vos fidèles et égarés d’adhérer à votre projet ?

Vous aimez le rock ? Le metal ? N’ayez pas peur du macabre, de
l’humour noir, des textes chantés en français. Ce que les maudits de MAGOYOND vous proposent, c’est un voyage dans un univers de science-fiction fantastique teintée de fin du monde, de films d’horreur classiques, de mythologies païennes et de monstres de la pop-culture.
Bref, de quoi passer un agréable moment musical en compagnie du
Kraken, du Croque-Mitaine et de quelques copains zombies !
C’était assez convainquant ? Non parce que sinon on les appâte avec
une part de Pudding à l’Arsenic et c’est vite réglé…