2019-06-21 : HELLFEST 2019

 

En se clôturant, l’édition 2018 avait porté une annonce détonante pour son affiche 2019. Cinq groupes cultes venant faire résonner leurs compositions sur le sol de Clisson. Pourtant assumé et revendiqué, l’affiche et le merchandising diffusés seront victimes d’une annulation marquante, dévoilée le vendredi matin… Inutile d’en chercher les causes ou de fabuler sur ce départ soudain. Cette absence ne va pas dégrader la fête et l’évènement.

En arrivant sur les lieux, on peut constater les améliorations apportées permettant une meilleur circulation aux voisinages de la main stage, canalisant l’espace merchandising des groupes, évitant une fumée de poussières sur la warzone, dévoilant un modification de la zone de restuaration… Des travaux d’aménagements réguliers à l’écoute des suggestions des festivaliers.

Ces trois jours dédiés au rock robuste et aux décibels en images, accompagnés de nos ressentis :

 

JOUR 1

LAST TEMPTATION :  

Mené par Butcho (ex-Watcha), le groupe tient parfaitement la scène. L’esprit est orienté heavy / hard rock. Les titres sont entrainants, les membres évoluent avec cohésion. Une excellente mise en bouche.

KLONE :  

Depuis quelques temps, Klone se présente en version acoustique. Préparant l’édition d’un nouvel album, les musiciens reviennent à l’électrique pour une prestation propre et sans bavures. On a plaisir à retrouver le dynamisme et l’engagement du groupe.

GLORYHAMMER :  

Militant au sein de la scène metal fantasy, les cinq chevaliers de l’espace livrent un metal épique et relativement attirant. La formation parait comme un ovni en comparaison avec les autres groupes du jour par ses membres costumés, par cette mise en scène exagérée par instants. Toutefois, l’ensemble attire le public et semble plaire à celui-ci.

RADIO MOSCOW :  

Un rock imposant et pesant, des attirances pour les atmosphères psychédéliques, le trio propose un univers massif et rock 70’s. Sans fioritures, sans extravagances, le groupe répend la poudre avec une maitrise parfaite.

BLACKRAIN :  

Plus raisonnable, plus modéré, le quatuor distille une prestation agréable. Il est dommage que les échanges avec le public se fasse souvent en anglais ou qu’ils reprennent des clichés usités… Le groupe se fait plus discret pour augmenter en efficacité.

SONATA ARCTICA :  

Il n’est pas simple de mobiliser le public, il n’est pas évident de mettre le feu aux planches. Il y a des jours avec puis des jours sans. Il convient d’avouer que la prestation ne décolle pas, laissant l’assistance sur sa faim malgré des compositions attirantes.

LOFOFORA :  

Il fallait bien cela pour remettre le public dans le bon mouvement. Pas de doutes, pas de craintes, Reuno et ses compères sont toujours aussi efficaces. Le set est riche en intensité, en puissance. Lofofora est une valeur sure.

GODSMACK :  

Dans un esprit plus rock hard traditionnel, le quatuor assure de belle manière sa prestation, emmenant avec lui rapidement le plublic présent. En toute simplicité, en grande efficacité, la formation s’annonce prêt à assurer la relève des ainés.

DAGOBA :

Prenons une nouvelle dose d’énergie et de puissance. Le quatuor ne fait pas dans la dentelle, son metal fait trembler le sol, fait bouger les foules, met en oeuvrant les circles pits et walls of death. Sans temps morts, en déversant un large panel d’adrénaline, la formation a mis une nouvelle fois le public sur les rotules.

DREAM THEATER :

La prestation du groupe laisse un ressenti mitigé. Ce rock progressif semble difficile à retenir l’attention de la foule, seuls les musiciens et techniciens arrivent à prendre part à la fête. Trop pompeux, trop complexe, le quintette n’a pas fait l’unanimité.

ULTRA VOMIT :  

Une dose de fun et de compétences. Les musiciens ne se refusent rien tant dans la caricature, que dans les reprises. Souvent pris pour une imposture, la formation met tout le monde d’accord. Cela est agréable de gouter aux adaptations des Ultra Vomit.

DROPKICK MURPHYS :  

Place au rock festif et celtique, le groupe emporte tout sur son passage. Dans une ambiance enjouée, sans ajouts inutiles, les musiciens prennent possession de Clisson avec maitrise et aisance.

MASS HYSTERIA :  

Comme Lofofora ou Dagoba, la prestation est sans surprise… celle-ci est efficace comme à l’accoutumée. Mouss et ses acolytes assèment des assauts durant tout le set, dynamisés par une capture vidéo de la prestation. Une nouvelle fois, Mass Hysteria a maitrisé son sujet, sans jouer à l’économie mais en mouillant bien les maillots.

SABATON :

Les suédois présents sur le site pour leur participation au Knotfest assurent aux pieds levés le remplacement de Manowar. On doit avouer que le groupe a assuré parfaitement cette tâche du fait d’un problème vocal rencontré par Joakim Brodén. Ceux sont les deux guitaristes, Chris Rörland et Tommy Johansson, qui prennent les choses en mains. Leur frontman vient de temps à autres participer aux choeurs. Une prestation méritante, permettant de profiter du power metal de Sabaton malgré cet handicap.

GOJIRA :

Malgré sa position dans le running order, le public est resté en masse devant la main stage. Il serait dommage de manquer ce set. Avec puissance, dynamisme et maitrise, le quatre musiciens livrent une prestation sans reproche. Ils sont comme de coutume en place et décidés à mettre sur les rotules la foule. Une bonne dose de vitamines musicales, de décibels enivrantes.

 

JOUR 2

RICHIE KOTZEN :  

Le rock marqué et subtil du guitariste prend rapidement. Le public apprécie et adhére aux propos du groupe. En toute simplicité, Richie Kotzen confirme ses qualités de compositeur et de musicien. Un set agréable et efficace par son absence de surenchère et d’artifices parasites.

FEVER 333 :  

Une découverte intéressante et redoutable d’efficacité. Le trio assure une prestation énergique et énervée. Ce metal fusionnel teinté de hardcore et rapcore dévaste tout sur son passage, épaulé par une prestation engagée. L’ensemble est appréciable et de bonne tenue. Sans nul doute une valeur sure…

EISBRECHER :  

Le metal industriel teuton ne se limite pas à Rammstein. De manière imposante, dotée d’humour, le groupe emporte le public dans sa froideur musicale et ses riffs puissants. Les pyrotechnies et artifices ne sont pas sorties, l’engagement et la musique suffisent à convaincre.

BÖHSE ONKELZ :

Prolongeant notre étape allemande, l’univers devient plus rock moins rugueux. Traversant des ambiances bluesy parfois punk rock, la formation permet une pause respiratoire parfaite. La prestation est nette et propre. Un bon moment de rock pur.

MAD SIN :  

Associant le rock’n’roll et le punk rock, le quintette attire un public garni. Dès les premiers riffs, le ton et l’ambiance sont donnés. Il va falloir de l’énergie pour tenir tout un set dans la fosse. La formation est énergique et assure un rythme effréné. Pur et simple, direct et percutant, le groupe envoie des obus et assauts sans répits.

EAGLES OF DEATH METAL :

La communion entre le groupe et le public français est particulière depuis la tragédie du Bataclan. Dans une ambiance chaleureuse, dans une relation émotionnelle et sincère, la formation menée par Jesse Hughes livre une prestation honnête et attachante. La musique du quintette anime l’assistance, Jesse Hughes venant dans le public augmente ce sentiment de partage.

WHITESNAKE :

Le serpent blanc délivre un agréable set. Quelque soient les musiciens épaulants David Coverdale, il convient de confirmer que chacun est doté d’une compétence et capacité technique entendues.convaincantes. Peu importe les années, le groupe assure un set comme des premiers venus. Les standards et morceaux proposés embarquent le public sans difficultés.

WITHIN TEMPTATION :

Les néerlandais donnent de l’énergie à l’assistance. Le metal symphonique aux tonalités imposantes est convaicant. Le public est nombreux, il apprécie les qualités des musiciens et les compositions intenses livrées. Le groupe gagne des échelons et confirme sa place de prétendant comme formation incontournable dans ce domaine.

DEF LEPPARD :

Les anglais ne s’arrêtent pas souvent en France. Il convient de s’attarder sur la prestaiton du groupe. Malgré les standards, la qualité d’interprétation, les morceaux attirants et faciles d’accès, la prestation semble avoir du mal à décoller. Certes celle-ci est honnête et propre, mais le quintette peine à mettre le feu sur Clisson. Sans être à l’économie, on aurait aimé un peu plus de fougue ou d’imprévu durant ce set, peut-être trop rodé.

ZZ TOP :

Le trio sait faire bouger les foules, le trio sait animer les scènes, le trio sait convaincre avec ses riffs sudistes. Pas de surprise, de l’humour et du plaisir, les musiciens mettent en ambiance transpirant le souffre, le sable chaud, le whisky… et autres ingrédients du sud amériain. Bien que l’on connaisse le set dans sa globalité et ses gimmicks, ne boudons pas notre plaisir, ZZ Top sait émouvoir à chaque prestation.

KISS :

Une page se tourne avec cette venue sur les panches de Kiss. Le groupe a annoncé la fin d’un cycle, la mise aux placards et aux musées des tenues, instruments et objets collectors à l’image de quatre masqués. On connait les prestations des américains, pourtant il est appréciable de les voir à nouveau, de redécouvrir tous les artifices, de reconnaitre tous les éléments du set. La formation livre un show grandiose et énergique. Tout y passe, les plates formes, les pyrotechnies, les guitares fusées… tout est usité mais Kiss sait le mettre à nouveau en spectacle comme une nouveauté. Une excellente prestation pour clôre la main stage I le temps d’une nuit.

 

JOUR 3

DEATH ANGEL :  

Ils ont peut-être manqué le train en compagnie des Big 4, pourtant le groupe sait faire résonner ses riffs et son thrash metal attirant. Dans une atmosphère old school, la formation livre un set propre et sans bavures. Un bon retour aux fondamentaux avant la venue d’une série d’énervés durant toute la journée.

BLACKBERRY SMOKE : 

Un peu de tempo modéré, de hard rock plus traditionnel. La formation revendique un héritage issu de 70’s et 80’s, provenant aussi du blues. Ils savent convaincre et s’installer avec aisance entre deux générations de heavy – thrash metal. Une belle référence en la matière.

TRIVIUM :  

Il est agréable de retrouver une formation conquérante et dynamique. Les productions audios avaient parfois mises en sommeil le groupe. Trivium est une dans une ambiance imposante et énergique. Le quintette met rapidement l’assistance dans sa poche produisant une prestation intense et parfaite.

CLUTCH :  

Imposant par ses unviers, la formation allourdie pour notre plaisir l’atmosphère qui règne sur Clisson. La prestation est dynamique, les compositions s’installent dans les esprits. Les américains mettent un public sur les genoux pour cet aspect massif.

ANTHRAX :  

La série des épisodes US thrash metal se prolonge avec un membre du Big 4. Dans un registre connu, ne sortant pas des sentiers battus, la formation livre un set correct et propre. Il est dommage que le show soit identique à ceux déjà présenté. Le groupe est dynamique, explosif mais le show nécessite parfois un peu de novation. Soyons honnête, il est toujours plaisant de voir évoluer Anthrax sur scène.

LYNYRD SKYNYRD :  

Inutile de présenter le groupe. Les sudistes sont bien en place sur les planches du Hellfest. Le rock burné fait bouger la foule, dégage une odeur de sable chaud, de graisses unistées. Sans en faire des tonnes, en toute simplicité, les musiciens livrent un set direct et net. Un exemple à suivre.

LAMB OF GOD :  

Son groove est percutant, ses riffs sont imposants, sa prestation est intense. Quelques mots définissants l’univers du groupe. Après une pause rock sudiste, la machine à riffs est ressortie, le rouleau compresseur applati tout sur son passage. Les parpaings, les obus… sont distribués à chaque assaut. Un moment de mise à l’épreuve pour les cervicales, pour le corps durant ces invitations aux danses robustes.

SLASH FEAT. MYLES KENNEDY :  

Le guitariste continu sa route solaire, plus exactement accompagné de ses fidèles lieutenants. Il est appréciable de le retrouver sur scène avec une telle simplicité, efficacité. Les titres teintés rock US musclés défilent sans temps morts, les membres sont en parfaite harmonie. Un set homogène par son format et sa présentation.

SLAYER :  

Le quatuor a décidé de tirer sa révérence. Après de nombreux années sur les routes du monde, l’une des figures du Big 4 arrête l’aventure. Ce n’est pas avec une émotion particulère que le groupe et le public communient une dernière fois. Comme de coutume, les morceaux devastent tout sur leurs passages, mettant en avant la puissance, l’énergie et les compétences des musiciens. Pas de gimmicks inutiles, pas d’artifices surperflus… La formation fini sur ce quelle sait faire de mieux, une prestation robuste, directe et efficace.

 

Une édition 2019 garnie de pépites metal et rock. Un festival qui avance et se remet en question d’année en année. Ces trois jours au pays des merveilles Metal, nous a été offert par Hellfest Productions et Replica Promotion.