CHARGE

1 / La sortie de votre second album arrive, quel regard portes tu sur la progression du groupe depuis « Sweet Lies » ?

En réalité, je ne considère pas vraiment « Sweet lies » comme notre premier album car c’est le regroupement de 2 EP chacun enregistré dans des époques différentes et avec des formations différentes. En fait, je pense être le seul à figurer sur tout les titres et au passage la plupart des morceaux sont avec deux guitares et une seule basse ce qui ne correspond plus à notre « identité actuelle ».

Sur « Ain’t the one », on est tous les 4 présents à tous les niveaux. En effet, les morceaux ont donc été composés à 2 basses avec une guitare et cela s’en ressent. Sur cet album, on peut dire qu’on s’est trouvés et tout était fluide dans la composition et l’enregistrement. Ça correspond à tous dans le groupe et c’est vraiment le style qu’on aime meme si, effectivement, ça s’éloigne du premier. Après, il y a certains morceaux du premier qu’on aime encore et qu’on joue en live.

2 / Vous avez stabilisé le line-up en 2012 en intégrant Lionnel comme second bassite, qu’est ce qui a motivé votre choix pour cette formule atypique ?

Pour la petite histoire, c’est parti d’une anecdote qui n’a rien avec avec des histoires de choix musicaux. Je connaissais Lionnel depuis longtemps. On a partagé des scènes quand il jouait dans d’autres groupes dont un concert mémorable avec son groupe de l’époque et un groupe suisse qui s’appelle Kruger. On s’est donc retrouvé avec Charge à un moment avec juste un guitariste en l’occurrence Sacha sachant qu’il y a toujours eu deux guitares dans Charge. Je ne voulais pas passer par annonce et ai cherché parmi mes potes. Ainsi, quand je voyais Lionnel, j’arrêtais pas de le tanner, puisqu’on s’entend bien et qu’on avait les mêmes goûts musicaux, pour qu’il rejoigne Charge même s’il est bassiste quitte à ce qu’il prenne des cours de guitare. Et un jour quand je me suis retrouvé à trop insister, il m’a répondu « arrête de me saouler je suis bassiste si je viens c’est comme bassiste ». En fait, cette discussion a vite évolué plus sérieusement sachant que j’ai une façon plutôt hybride dans mon approche de la basse – j’utilise une pédale de guitare et mon approche du jeu sur ma basse est entre celui d’un guitariste et un bassiste – tandis que Lionnel est totalement bassiste dans sa tête et dans son jeu ! Un pur ! Et ce qui est drôle c’est qu’on est symétriquement différent : il joue sur une cinq cordes aux doigts avec un son plutôt rond et moi sur une quatre cordes avec un meditator avec un son saturé. Et même physiquement on est totalement différent ! En tout cas, c’est le vrai bassiste de Charge !

3 / Entre punk rock et metal rock, votre musique livre une certaine dynamique. Comment construit-on les morceaux au sein de Charge ?

D’abord même si c’est plutôt rock ce qu’on fait, on écoute tous du metal à la base. On a des goûts différents à côté ce qui permet lors de jams, d’apporter des idées de riffs dans des couleurs différentes tout en restant rock/metal. L’idée c’est que ça doit être accrocheur. C’est le plus important. En gros, je ramène des riffs de guitare plutôt que de basse dans un style plutôt metal voire parfois punk sachant que je n’écoute que du metal. Les lignes de basse c’est Lionnel mais qui peuvent influencer les grandes lignes d’un morceau. Sacha peut apporter des riffs mais surtout des gimmicks et bien sûr les solos.

Loic en plus de la batterie participe pas mal aux arrangements et aux paroles. Il peut parfois prendre la basse ou guitare pour modifier certains riffs. Les lignes de chants et les paroles c’est moi. On jamme systématiquement en répète on enregistre et on réécoute. Si on note une accroche pour tous les 4, on garde. Sinon on jette et on jette beaucoup ! Après, bizarrement dans la composition, les morceaux qui nous plaisent le plus et qui plaisent le plus à ceux qui viennent nous voir sont ceux qui ont été composés les plus rapidement comme « Out of my life » le single de « Ain’t the one ».

4 / Ce travail de composition est-il parfaitement établi avant d’entrer en studio ?

Oui. En tous cas, en ce qui nous concerne,  on ne n’entre pas en studio en se disant « cette partie là est bancale, c’est pas grave : le producteur va nous arranger tout ça ». On bosse les morceaux et on les remanie pas mal. On les joue même en concert systématiquement avant des les enregistrer et cela on le fait un peu pour les tester juste histoire de voir ce qu’on a ressenti. Après, sur certains morceaux, les producteurs avec lesquels on a travaillé ont parfois modifié les riffs et même les morceaux dans leur globalité.

Spirou par exemple de la Luna Rossa (il a joué avec Molodoi et la souris déglinguée et a produit des titres des Béruriers noirs) a sur notre deuxième EP fait un super boulot et changé plein de parties.

5 / L’album est doté d’une production mettant parfaitement en valeur vos morceaux, peux tu nous en dire plus dans ce domaine ?

Il s’agit d’une production adaptée a nous. Un truc très « clean » avec une production sophistiquée, on peut dire « metal » comme ce qu’on entend sur les albums de Trivium, Machine Head ou encore comme du Fear Factory, n’aurait clairement pas convenu à notre musique. On est un peu « sale » ! Plus « à l’arrache ». Ça fait parti de notre style et je pense que c’est vraiment le travail qui a été fait c’est à dire des arrangements et un son qui sont adaptés et mettent en valeur nos morceaux.

6 / Le travail de production s’est-il réduit à cette activité unique ou Francis Caste vous a demandé certains aménagements bénéfiques ?

D’abord Francis est un pote on le connaît depuis longtemps. On a enregistré le premier EP de Charge avec lui, et il a mixé et masterisé le premier album. Même si on évolue il me connaît il nous connaît et après avoir écouté les démos il a vu très rapidement où on voulait en venir et quoi faire.

Francis Caste a remodelé et transformé certains morceaux et d’autres encore ont été gardés tels quels. En ce qui me concerne, j’étais content qu’il apprécie mon chant et donc Il m’a poussé à enregistrer plein d’harmonies différentes que je devais choper juste avant les prises. Sinon, il avait eu exceptionnellement pour un titre, des Idées de paroles originales sur le thème des babouches mais malheureusement cela a été abandonné.

7 / Peux tu nous parler des domaines abordés par vos textes ?

J’essaie au maximum de chercher des lignes de chant accrocheuses mais pour les textes je cherche plus la musicalité des mots que le sens profond de paroles. En fait, les

idées de texte viennent de tout et de n’importe quoi. J’écris toujours les paroles à la fin, après avoir trouvé la ligne de chant. Quand Loïc écrit les paroles, il se base souvent sur des trucs réels.

8 / Quelle est l’actualité du groupe dans l’immédiat ?

Simplement la promo de l’album. Notre attaché de presse nous a planifié un tas de trucs. On suit les plans avec un certain rythme. Que des bonnes choses en ce moment autour de l’album.

9 / Quelles sont prochaines dates en perspectives ?

Notre concert à la Boule Noire le 29 mars. On est au taquet. On est en train de booker d’autres dates notamment en province

10 / Quels sont les arguments « commerciaux » que Charge pourrait utiliser pour inviter les lecteurs à découvrir votre musique ?

C’est du rock influencé metal. C’est énergique et accrocheur. C’est simple et assez direct. Assez spontané.