2018-10-18 : BENJAMIN SANZ TRIO

Le trio appartenant au collectif Mirr est venu rendre hommage à la musique noire américaine et au jazz. Pour cette soirée cosy, la formation propose de parcourir des standards du domaine, des pièces issues de répertoires de batteurs et trois compositions de Benjamin Sanz. Après un premier album édité en 2011, « Mutation Majeure » recevant un bel accueil par les médias spécialisés, le batteur co-fonde en 2013 le collectif Mirr. Cette association a pour but de présenter des musiciens de différentes scènes musicales : jazz, expérimentale, électronique, contemporaine ou de racines africaines. Pour l’accompagner sur cette, Benjamin est épaulé par le trompettiste Hermon Mehari et le contrebassiste Joachim Govin.

De cette association, Benjamin Sanz revient avec un projet personnel, « Directions »: un trio à géométrie variable, qui regroupe les influences qu’il a traversé ces dernières années: jazz, improvisation libre, musique contemporaine et de racines africaines. L’appellation traduit une attention au monde, une intention d’aller vers plusieurs modes de jeu et cultures, passée par le prisme de la composition et de l’improvisation. Rien d’étonnant de retrouver un esprit free-jazz tout au long de la prestation. Un maitre du rythme, le batteur tient le mouvement et organise celui-ci. Il permet à ses compères de venir s’évader dans des improvisations agréables, ne présentant aucun irritant ou aspect repoussant. Durant les neuf compositions présentées, il transpire une maitrise certaine et une cohésion parfaite entre les membres. Chacun sait se placer sans venir se confondre avec les deux autres instruments, chacun sait se faire discret ou plus présent selon l’instant, selon le besoin du morceau. Intervenant afin de présenter les titres, Benjamin ne fait pas dans l’extravagance ni dans ses propos que dans son attitude scénique. Le leader tient l’ensemble de manière équilibrée et sans failles. Avec un jeu discret, il sait s’imposer par un maintien parfait. Joachim Govin sait tout aussi bien manier le manche et les cordes de son imposante contrebasse noire. Le musicien remplit l’espace sonore sans venir prendre possession de celui-ci. En parfaite complémentarité avec Benjamin, il tient lui aussi les tempi avec aisance et maitrise. Jouant un rôle plus en exposition, Hermon Mehari répand des lignes musicales guidées par sa trompette. Dans une formule mélodique, devenant par moment expérimentale ou improvisée, le musicien ne surjoue pas, il reste au service des deux autres membres du trio.

Neuf titres sachant restés simples, efficaces pour découvrir un jazz agréable, un trio de qualité. Une heure musicale pour donner l’envie de prolonger cette expérience, cette découverte avec le trio. Le jazz était à l’honneur pour cette soirée organisée par l’Empreinte et Grand Paris Sud.

 

BENJAMIN SANZ TRIO