2018-02-25 : ANVIL / TRANCE

Anvil ne vient pas souvent en France et la dernière visite annoncée avait été annulée peu de temps avant le concert prévu. Aussi, nombreux étaient impatients de retrouver le trio en salle.

Pour ouvrir les débats, l’affiche nous permet de revenir vers les premières années du heavy-metal teuton avec le venue de Trance, qui a évolué précédemment sous le nom de Transmission. La formation ayant connu un break de 20 ans et réapparu sur le milieu metal avec une édition en 2017, « The Loser Strikes Back ». Seuls rescapés de la première mouture, Markus Berger (guitare) et Thomas Klein (basse) sont épaulés pour cette tournée de Eddie St. James (guitare), de Jürgen Baum (batterie et membre fondateur) et de Nick Holleman (chant). La formule est parfaitement en place, il convient de confirmer que les musiciens maitrisent le sujet tant dans l’interprétation que dans l’expression scénique. Il faut dire, hormis Nick Holleman, ces derniers ont une certaine expérience dans le domaine. Pour sa part, malgré son jeune age le vocaliste est à la hauteur du challenge et fait cohésion avec le reste du groupe. Il évolue avec aisance durant le set et entre facilement en relation avec le public pour porter l’animation. Pourtant, il est difficile d’entrer dans l’univers de Trance tant la formation est marqué par l’esprit 80’s, les morceaux ne sonnent pas de façon moderne, la production trop typée par cette période ne met pas en valeur le travail de musiciens. Le set est appréciable, possède de la tenue mais il ne prend pas, ne décolle pas.

Le spectacle va rapidement changer de physionomie. Dès le thème d’introduction, Lips après un court passage sur scène prend position dans la foule pour entrer en communion avec le public. Cet état va perdurer jusqu’à la dernière note, jusqu’à l’extinction des lights de scène. Il faut dire que le trio sait mettre le feu aux planches par des compositions attirantes, par des rythmiques détonantes et intenses, par des riffs aguicheurs et des soli confirmant que Steve « Lips » Kudlow n’est pas mauvais en la matière. La prestation est tournée vers la bonne humeur, vers un manque de sérieux, donnant dans des gimmicks sans modérations, mettant le public hilare, démontrant que le ridicule ne tue pas. Que ce soit dans les pas chassés, dans les danses festives, dans les grimaces, dans les courses en face à face, tout est bon pour mettre le désordre organisé sur scène. Malgré ces extravagances agréables et surtout pas malsaines, le trio envoie des brûlots, des parpaings sans faiblir. La setlist est équilibré venant piocher dans les standards du groupe mais aussi dans le dernier album « Pounding The Pavement ». Chacun y va de son moment solitaire avec plus ou moins d’intérêt pour l’assistance. Lips fait le spectacle avec son célèbre bottle neck, parle dans ses micros de guitare, Robb Reiner s’évade dans un long solo qui devient lassant par sa durée, Chris Robertson est pour sa part plus modéré et intervient sur un léger break. Avec un set de près de 2h00 le trio a démontré tout le talent qu’il possède, toutes les compétences sous-estimées de chaque musicien. Trop longtemps considéré comme un groupe de comique, comme une formation de seconde catégorie, il est bon de remettre à sa juste valeur un groupe qui sait faire le show uniquement par la musique et son attitude, sans fioritures, sans artifices ou pyrotechnies. On appréciera la clôture fédératrice avec « Born To Be Wild ».

Une soirée organisée par Roger Wessier et Base productions.

TRANCE


ANVIL